Trajectoire

Née à Santiago du Chili, je suis issue d’une famille nombreuse dans laquelle les arts plastiques constituent un terrain de jeux. Très jeune donc, j’ai eu besoin de m’exprimer par la réalisation artistique : dessin, peinture, terre…

La vie m’a amenée vers les lettres et la pédagogie, mais la nécessité de poursuivre mon travail plastique s’est imposé à moi. Je suis alors des cours en école d’art pendant mes études à Santiago.

Ensuite, à Valence (1981- 2004), au long de ma vie professionnelle d’éducatrice spécialisée, je fréquente les beaux-arts en cours du soir et des ateliers d’artiste tels que Jean Larrivé, sculpteur, et Anne Poupard, peintre. Je m’initie au « raku ».

En Guyane (2004 – 2006) je crée mon atelier, je donne des cours, j’expose et la terre devient mon chemin. On la trouve dans les rivières et les fleuves, prête à être cueillie, brassée et modelée. La nature exubérante et les couleurs de Guyane inspirent mes peintures et la diversité culturelle mes portraits.

Plus tard (2007) je travaille  la sculpture avec Marie Odile Torné à Perpignan. J’avance alors dans la technique et dans le mouvement.

Actuellement en Charente, je poursuis toujours mon chemin de terre qui me permet de mettre en scène mes émotions, voire une mélancolie qui s’abandonne à travers le geste. La figure féminine prend forme de manière récurrente. Elle apparait rêveuse, mystérieuse et peut être murée dans le silence de son histoire. Des portraits de la mère, de la fille, de la femme… peu importe : un dialogue très intime s’établit tout au long du travail. Ces portraits se confondent, ils me nourrissent.

Peu à peu, avec la pratique du raku, sont venues les pintades ventrues, les boîtes lourdes et secrètes, les baigneuses, les vénus primitives et enfin les odes.
L’idée de la brèche est toujours présente, elle  représente le mystère de la vie, de la naissance et de la connaissance. Le mouvement est subtil.

Mon travail rend hommage aux femmes, à leur patience et à leur désespoir. S’il réussit à éveiller une curiosité, créer une émotion, diluer les murs et le silence, il se justifie, il m’emplit. L’animation de stages et d’ateliers divers, ici ou ailleurs, me réjouit parce qu’il permet aux personnes de se découvrir au fil de leur création.